Entrepreneuriat, Podcast "T'es pas toute seule"

Que faire de nos business quand le monde s’écroule ?

Que faire de nos business quand le monde s’écroule ?

Tout est parti d’un post d’Inesse Gannoun sur LinkedIn. Un post qui commençait par cette question qui m’a interpellée : « Comment fait-on pour tenir la barque quand tout s’écroule ? Tout… Sauf notre business ? » Et là, bim ! Thomas Burbidge, l’éco-entrepreneur que je suis depuis des années, celui dont j’admire la vision, la cohérence, la profondeur, etc. lui répond en vidéo. Alors évidemment, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai réuni tout ce petit monde et on a enregistré un épisode pour mon podcast “T’es pas toute seule”. Allez, c’est parti, je te raconte dans les grandes lignes ce dont on a parlé à la suite de cette réflexion. Pour écouter l’épisode dans son intégralité, rendez-vous sur mon compte Insta @julie_arcoulin où tu trouveras tous les liens utiles en bio !

Quand le monde vacille, nos questions d’entrepreneur.e.s aussi…

Tout a commencé avec un post LinkedIn d’Inesse Gannoun. Une phrase, une vraie : « Comment fait-on quand tout s’effondre ? » Et elle ne parlait pas du business ! Elle parlait du reste. De tout ce qui nous entoure : les drames, les crises politiques, géopolitiques, climatiques, écologiques… Bref, cette sensation diffuse, mais bien réelle d’être en plein bouleversement permanent. Alors comment avancer ? Comment créer ? Comment communiquer sereinement sur des offres dont le but est de générer du profit quand le monde semble tenir sur un fil ?

Thomas a lu ce post après avoir été tagué et au lieu de lâcher un simple commentaire comme tout le monde, il a réagi avec une vidéo de 30 minutes, un vrai mini-podcast, où il partageait sa réflexion profonde : le rôle de l’entrepreneur dans sa boîte et de sa boîte dans le monde. Un sujet qui traverse beaucoup de monde en ce moment. Enfin, beaucoup de monde… Ceux “qui en ont quelque chose à faire” !

Si tu veux découvrir qui sont Inesse et Thomas, je te mets leurs profils LinkedIn à la fin de l’article. Et si tu veux vraiment les comprendre, leur sensibilité, leur regard, leur engagement… Va écouter le podcast ! Je ne vais pas tout écrire ici ; ils méritent d’être entendus !

Quand a-t-on commencé à se demander : « Comment puis-je encore mener mon business dans ce monde qui part en vrille ? »

À quel moment cette réflexion a-t-elle surgi ? Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on ne pouvait plus juste “continuer comme avant” ?

Pour Inesse, le déclencheur a été brutal, impossible à ignorer : le génocide en Palestine. À partir de là, elle s’est dit : « Je ne peux pas publier, je ne peux pas faire comme si de rien n’était pendant que ça arrive dans le monde. » C’est devenu une évidence, un point de rupture.

Pour Thomas, c’est une autre image qui résume tout : celle de la grenouille dans la marmite. L’eau chauffe doucement, on s’habitue, on s’adapte… Jusqu’au moment où on réalise que ça brûle. Il a l’impression de vivre ça, mais en pleine conscience. Depuis longtemps déjà, quelque chose en lui veut orienter sa vie et son entreprise autrement, avec plus de lucidité, plus de contribution. Et plus il avance, plus il comprend, plus il observe… Plus il se dit que oui, c’est la merde ! Ces derniers mois, surtout, il a senti une vraie rupture intérieure ; il ne supporte plus à quel point la marmite est devenue brûlante.

Et puis il y a moi. Tu le sais, j’ai passé plus de dix ans à accompagner des femmes victimes d’emprise. À force, j’ai fini par ne plus supporter ce système qui ne bouge pas ou si peu. À ça, tu ajoutes le féminisme, nos modes de consommation, la guerre en Ukraine, les dérives politiques, sociales… Bref, à un moment, tout s’accumule. Et on arrive à cette question que beaucoup d’entre nous se posent aujourd’hui : comment continuer à entreprendre, à communiquer, à créer dans un monde qui vacille ?

Comment continuer à entreprendre dans le monde actuel ?

Quand on regarde le monde tel qu’il est aujourd’hui, forcément, cette question nous travaille. Il y a des jours où tout ça nous plonge dans un profond désespoir… Et d’autres où ça déclenche une colère créatrice, une énergie presque viscérale qui donne envie d’agir, de réussir, de se rendre visible pour avoir davantage de poids. Comme si notre business pouvait devenir un vecteur, un levier pour porter un message, pour contribuer là où on peut, pour sensibiliser celles et ceux qui ne voient pas encore l’ampleur du problème.

Et puis il y a l’autre face. Celle où l’inspiration s’éteint. Où ces questionnements ouvrent la porte à un “ailleurs”. L’envie de faire autrement, d’investir son énergie dans autre chose, parfois même dans des causes plus grandes que nous. Sauf que… On a une entreprise à faire tourner et des responsabilités ! Parfois même des associés, une équipe, des engagements… On ne peut pas tout envoyer valser sous prétexte que le monde brûle, même si, soyons honnêtes, la tentation est parfois là !

Il y a aussi une réalité qu’on oublie : toute cette violence, tous ces drames, toutes ces injustices ont toujours existé. Ce qui change aujourd’hui, c’est la manière dont tout ça arrive jusqu’à nous. On vit dans une surabondance d’informations, de notifications, de vidéos, de contenus qui déferlent en continu. On n’est pas conçus, physiologiquement et psychiquement, pour absorber autant d’horreurs en temps réel. Notre espace mental n’a pas la capacité de gérer ce flot permanent. Du moins… Pas sans dégâts !

Et c’est là que se trouve peut-être un des premiers leviers : réduire l’exposition, maîtriser ce qu’on laisse entrer dans notre esprit, filtrer les stimulations, reprendre la main. Parce que le mode “notifications permanentes”, c’est le meilleur moyen d’être vidé, drainé, épuisé et finalement incapable d’agir là où on peut vraiment faire une différence.

Faut-il revoir sa comm’ ? 

C’est une vraie question : est-ce que ce ne serait pas le bon moment pour revoir notre manière de communiquer ? Est-ce que les grandes stratégies qu’on nous vend depuis des années ne seraient pas un peu mortes ? Est-ce qu’on ne vendrait pas mieux en parlant de nos valeurs et de qui on est vraiment plutôt qu’en essayant de coller aux algorithmes ?

Pendant longtemps, une entreprise naissait pour répondre à un besoin humain. Point. Mais ces dernières années, on a transformé l’entrepreneuriat en eldorado. L’opportunité de faire de l’argent est devenue la finalité et tout le reste s’est retrouvé relégué au second plan.

Aujourd’hui, on se retrouve à devoir marier notre cible, nos offres et notre façon de communiquer tout en restant fidèle à qui on est, à d’où on vient, à ce qu’on veut vraiment défendre. Et ça, honnêtement, ce n’est pas simple ! Parce que rester connecté à ses valeurs, à ses besoins, à ce qu’on veut créer dans le monde… Ça demande un vrai travail d’alignement.

Se demander : « Comment je maximise mon bien-être, comment je fais croître ma boîte sans tenir compte du monde autour de moi ? » C’est facile. Mais se demander : « Comment je fais tout ça en tenant compte des enjeux climatiques, sociaux, politiques, de l’inclusion, de l’écologie… ? » Là, c’est une autre histoire !

Sauf qu’aujourd’hui, comme le rappelle Thomas, on ne peut plus faire autrement. On ne peut plus communiquer comme si on vivait dans une bulle aseptisée. Le monde change et nos entreprises vivent dedans. Notre communication doit tenir compte de ça, sans tomber dans la peur ni dans le marketing opportuniste évidemment.

Et peut-être que la vraie question n’est plus : “Quelle stratégie pour performer ?”, mais : “Comment je peux communiquer en restant profondément humain.e et pleinement conscient.e du monde dans lequel j’entreprends ?”

Comment prioriser les choses dans son business ? 

On aimerait faire autrement, mais à un moment donné, la priorisation, on n’y échappe pas ! Elle nous est imposée par le système dans lequel on vit. Dans l’entrepreneuriat, il n’y a pas de filet de sécurité, pas de salaire garanti, pas de revenu universel. On évolue dans un cadre où nos besoins vitaux sont réels et la première priorité, c’est de les combler.

Thomas reprend à ce moment-là une métaphore qui dit tout : celle de l’avion. L’adulte doit mettre son masque à oxygène avant de pouvoir sauver son enfant. C’est contre-intuitif, mais c’est la réalité : si tu n’as pas les bases, tu ne peux pas avoir le reste. Tu peux vouloir changer le monde, transformer ton secteur, contribuer à des causes essentielles… Si toi, tu suffoques, tout s’écroule.

Prioriser, c’est aussi accepter que prendre soin de soi fait partie du business. Le repos, la santé mentale, la qualité de vie, la capacité à se ressourcer… Ce ne sont pas des bonus, ce sont des fondations. Et si, à un moment, tu as besoin de prendre trois mois off, de lever le pied et de te recentrer, c’est OK. 

Et puis Inesse nous fait un rappel important : on vit dans une société capitaliste. L’une des priorités, qu’on le veuille ou non, c’est de faire du chiffre, de “faire de la tune” comme on dit. Et pour ça, une dimension essentielle de la priorisation, c’est de fixer des tarifs justes. Justes pour soi, justes pour son expertise, justes pour pouvoir continuer à exister dans ce système.

➡️ D’ailleurs, si ce sujet te travaille, si tu galères encore à poser des prix alignés, je propose la formation « Révèle ta valeur, fixe tes tarifs ! »

[EN SAVOIR PLUS]

Comment ne pas devenir fou dans un monde qui part en vrille ?

Comment protège-t-on notre santé mentale quand on entreprend dans un monde comme le nôtre ? Il y a plusieurs pistes… 

La première, toute simple mais radicale : ne rien foutre pendant un moment. Oui, vraiment. S’offrir un temps de pause, un vrai temps mort, pour laisser retomber la pression et retrouver de la clarté. Si on peut se le permettre financièrement évidemment…

Ensuite, il y a le retour au corps. Revenir à ses sensations. Respirer. Bouger. Parce que, depuis le Covid, tout s’est digitalisé et on s’est complètement déconnectés de l’humain. Aujourd’hui, on manque de vrai. On manque de lien. On manque d’échelles plus humaines, de relations qui ont du sens, de temporalités qui ne soient pas celles du “tout, tout de suite”. Revenir à ça, c’est revenir à un rythme qui nous permet de tenir.

Et puis il y a une autre dimension : rester en lien avec le monde, ne pas s’enfermer dans une bulle, ne pas glisser dans l’individualisme. S’engager, s’informer (sans se noyer), s’impliquer. Et bouger son corps pour couper le mental et revenir à soi. Cette stabilité intérieure, elle passe par un ancrage physique et une ouverture durable vers ce qui nous entoure.

Et l’ambition dans tout ça ?

Parce qu’évidemment, on pourrait se dire : « L’ambition financière, ça n’a rien à faire dans une réflexion sur la santé mentale. » Sauf que si. Parce que l’ambition, ça ne veut pas forcément dire grosse bagnole ou bling-bling. Il existe une autre ambition, une ambition qui fait sens : celle de l’entreprise régénérative.

Une entreprise qui produit plus de ressources qu’elle n’en consomme. Une entreprise qui contribue, qui soigne, qui améliore le vivant au lieu de l’épuiser. C’est presque militant, oui, mais c’est surtout une ambition infiniment plus grande que “faire du fric”.

C’est la preuve qu’on peut tenir ensemble :

  • ambition financière ;
  • valeurs sociales ou écologiques ;
  • conscience du monde ;
  • envie d’être utile.

C’est même ça, peut-être, le meilleur remède pour ne pas devenir fou : construire une boîte qui a du sens, qui coexiste avec les enjeux d’aujourd’hui et qui, à son échelle, contribue à les améliorer.

Une dernière chose avant de se quitter… Où se situe vraiment notre pouvoir ?

Il y a une question que Thomas a soulevée : ”Pourquoi, alors que ma vie est déjà suffisamment dure, je devrais encore porter tout ça sur mes épaules ?”

Et c’est vrai, on peut très vite tomber dans cette sensation d’injustice en voyant ceux qui ont plus de pouvoir, plus de moyens et plus de responsabilités ne rien faire. Alors pourquoi serait-ce à nous de bouger ?

La vraie question devient alors : “À quel endroit se situe mon pouvoir pour infléchir les choses, même quand les autres ne prennent pas leurs responsabilités ?”

Parce qu’à notre échelle d’entrepreneur, on a du pouvoir ! Celui de modifier nos offres, notre façon de communiquer, nos choix stratégiques, nos partenaires, nos clients.

On a aussi un pouvoir de consommateur, un pouvoir citoyen, un pouvoir relationnel.

Et tout ça compte. Même si ce n’est pas spectaculaire. Même si ce n’est pas révolutionnaire. On fait de notre mieux, avec les ressources qui sont les nôtres, et c’est déjà énorme !

De son côté, Inesse rappelle que la réponse ne peut pas être uniquement individuelle. Oui, il faut revenir à soi, se poser les bonnes questions, se décoller un peu des injonctions de la société pour entendre ce qui est juste pour nous. Mais une partie de la réponse se trouve aussi dans le lien, dans l’autre, dans le collectif, dans le fait de traverser, ensemble, des périodes qui n’ont absolument rien de simple.

Et surtout, se souvenir que tout est cyclique. Que certaines choses prennent du temps. Que notre rôle n’est pas de porter le monde entier sur nos épaules, mais juste la partie qui nous appartient. Dans le business, ça veut dire cultiver l’agilité : simplifier, alléger, adapter, prévenir, réagir autrement. Se laisser la liberté de repenser les choses quand elles ne fonctionnent plus.

Je crois profondément à la puissance des liens. On n’a pas toujours besoin qu’on nous donne des solutions toutes faites. Parfois, on a juste besoin que quelqu’un nous écoute, nous comprenne et nous garde un espace où l’on peut respirer un peu mieux.

C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé pour moi ces derniers mois : à chaque fois que j’avais l’impression de ne plus arriver à respirer, j’ai investi encore plus mes liens, mes amitiés, mes relations, mes proches. C’est ça qui m’ancre.

Et parfois, paradoxalement, c’est aussi 36 heures seule dans ma bulle, téléphone en mode “ne pas déranger”, silence total, pour retrouver ma cohérence intérieure.

C’est tout ça, ensemble, qui m’aide à ne pas devenir folle dans ce monde de dingue.

Et si cet épisode peut t’apporter un peu de clarté, un peu de réconfort ou simplement l’impression d’être moins seule… Alors j’ai rempli ma mission. 😉

Comme promis, je vous mets ici quelques liens utiles : 

Les comptes LinkedIn de Inesse et Thomas

Inesse : linkedin.com/in/inessegk

Thomas : linkedin.com/in/thomasburbidge 

Le post par lequel tout a commencé : https://www.linkedin.com/posts/inessegk_comment-on-fait-pour-tenir-la-barque-quand-activity-7338103679230631936-nw8p?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAADKxRC4BPrXPfmK7_-0HVtW5baUUh7QTuIk 

Et je vous invite à aller écouter le podcast de Thomas en réponse au post d’Inesse : https://youtu.be/B7qxnfzLFEE 

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