Séparation avec un Manipulateur | Que fait la justice ?

Séparation avec un manipulateur : comment faire face à une justice qui condamne le plus souvent les victimes ?

 

12 ans d’accompagnement de victimes d’emprise et de manipulation. 12 ans de consultations individuelles, d’animation de conférences et d’ateliers sur le sujet. 3 livres écrits sur ces thématiques… Et je n’ai jamais écrit un article sur les problématiques liées à la justice et à son système défaillant qui se retourne le plus souvent sur les victimes lors d’une séparation avec un manipulateur. Il était donc grand temps ! Si vous me connaissez, vous savez que je suis attentive aux discriminations de genre et que je veille à être prudente. Cet article parlera exclusivement des situations avec un manipulateur masculin et une victime féminine sur laquelle le système se retourne quasiment systématiquement. Alors, loin de moi l’idée de créer des stéréotypes. Mais c’est malheureusement le reflet d’une réalité que je connais bien et mes propos ne font qu’y être fidèles. Bon, les explications étant données, allons-y sans complexe ! Voyons ensembles quels sont les éléments théoriques qui condamnent le plus souvent les victimes dans ce système pervers ?

Stop à la théorie du syndrome d’aliénation parentale !

 

L’histoire du SAP, le syndrome d’aliénation parentale, est intimement liée à son inventeur, le psychiatre américain Richard Gardner. Je vais vous résumer le parcours de cet homme déviant, encore très controversé aujourd’hui, et vous comprendrez mieux pourquoi il est impératif de ne plus parler de SAP lors d’une séparation avec un manipulateur !

Qu’est-ce que le syndrome d’aliénation parentale (SAP) ?

 

On parle souvent d’aliénation parentale en cas de séparation ou de divorce. L’aliénation parentale se définit comme un phénomène dans lequel un des parents se livre à des comportements visant à influencer l’enfant afin de favoriser chez lui le rejet injustifié et la désaffection à l’égard de l’autre parent.

Voici quelques exemples de comportements aliénants :

  •         Dénigrer sans cesse son ex-conjoint en présence de l’enfant ;
  •         Inventer des histoires ou des propos pour que l’enfant en vienne au point de détester son père/sa mère ;
  •         Empêcher son enfant de voir son père/sa mère ;
  •         Demander à l’enfant de choisir un camp ;
  •         Dire à son enfant que son père/sa mère ne l’aime plus ;
  •         Etc.

En réalité, il s’agit d’un conflit entre les parents où l’enfant est bien malgré lui pris à partie.

Que dit le psychiatre Richard Gardner ?

 

Ce cher Gardner, qui commence sa carrière de psychiatre dans les années 50, est en fait un sacré pervers. Il tient un discours sur la pédophilie et les conséquences des abus sexuels sur les enfants complètement insoutenable aujourd’hui. Selon lui, la pédophilie et toutes les formes d’abus sont acceptables car ils constituent une façon de perpétuer l’espèce humaine. Autrement dit : tant qu’un homme peut répandre sa semence et ainsi voir son désir sexuel assouvi, tout est permis. Il va même jusqu’à défendre la dépénalisation des abus sexuels, des viols et des agressions sexuelles en prétendant que les procédures judiciaires sont plus dévastatrices pour l’enfant que les abus eux-mêmes ! Je sais, ça laisse perplexe et certain.e.s auront du mal à me croire ! C’est malheureusement la réalité… Sur ce point, il me semble que nous avons quand même un petit peu avancé et qu’il reste peu de gens (mais il y en a encore) capables de croire à de tels propos !

Son autre grand combat concerne sa théorie pseudo-scientifique selon laquelle, lors d’une séparation, les mères vont mener une campagne de rejet contre les pères : le fameux syndrome d’aliénation parentale ! Il trouve ainsi le bon filon pour coincer totalement les mères en prétendant que c’est un combat conscient ou inconscient. Et comme ça, sa théorie marche à tous les coups ! Brillant, n’est-ce pas ?

Ce bonhomme a quand même eu le temps d’infiltrer ce concept un peu partout dans le monde en légitimant son propos sur base de recherches scientifiques. Sauf qu’elles n’ont jamais eu lieu. Tout ceci est donc une imposture totale sur laquelle repose, encore aujourd’hui, des jugements destructeurs.

Rien que ce concept et sa déconstruction mériteraient des pages entières mais je veux aller à l’essentiel dans mes articles. Retenez donc que ce mec est un imposteur et qu’il faut à tout prix éviter de se laisser embourber dans cette théorie. Ce syndrome d’aliénation parentale explique, en partie, pourquoi les mères se retrouvent accusées d’aliénation, d’empêcher le père de prendre sa place, d’accuser par vengeance et frustration… Et la liste est encore longue !

Non, lors d’une séparation, la mère ne monte pas systématiquement son enfant contre son père ! C’est malheureusement ce que la justice a tendance à penser « par défaut » et, à cause de cela, elle passe bien souvent à côté de la réalité lorsque la mère fuit un conjoint manipulateur.

Le conflit parental trop souvent mis en cause lors d’une séparation avec un manipulateur

 

La justice, les intervenants, les experts et les psychologues catégorisent trop souvent les séparations hyper-conflictuelles comme un « conflit parental ». En apparence, il s’agit de ça. Mais quand il y a un manipulateur dans la place, il ne s’agit absolument pas d’un conflit parental mais bien d’une situation d’emprise extrêmement toxique dans laquelle l’un des protagonistes vise à détruire l’autre. Les enfants étant les instruments de cette destruction, leurs intérêts ne sont jamais pris en compte par le manipulateur.

Dans une procédure judiciaire avec un manipulateur, utiliser le mot « conflit parental » est dangereux et complètement à côté de la plaque. Mais c’est lui qui emmène les parents en médiation. Or, cette dernière ne sera que perte de temps, d’argent et une arme de destruction supplémentaire pour le parent manipulateur. Malgré leur expérience, beaucoup de médiateurs, experts et psychologues se font avoir par le manipulateur.

Trop souvent, la mère est considérée comme l’élément qui empêche le père de prendre sa place dans la vie de son enfant. Rien qu’en écrivant ces lignes, j’ai envie de hurler quelque chose du genre : « QUAND VA-T-ON CONSIDÉRER QUE LA MÈRE N’EST PAS RESPONSABLE DE TOUT ? » Ou, variante : « QUAND VA-T-ON SORTIR DE CE SYSTÈME PERVERS QUI PROTÈGE LES HOMMES EN ACCUSANT LES FEMMES ? ». Mais bon, je respire un grand coup et je me calme… La mère, cette grande fautive donc, serait coupable du conflit parental parce qu’elle est incapable de digérer la rupture. Quand on sait que 75 % des séparations sont entamées par les femmes, ça laisse perplexe…

Le conflit de loyauté de l’enfant, une notion qui se retourne bien souvent contre la mère…

 

Suite logique des deux points précédents : lors d’une séparation, les enfants seraient pris dans un conflit de loyauté systématique. Attention, ce point est à nuancer avec prudence !

Qu’est-ce que le conflit de loyauté ?

 

Le conflit de loyauté est un sentiment inconfortable que l’enfant ressent lorsqu’il a l’impression de devoir prendre parti ou de devoir choisir entre ses parents. Alors oui, en effet, le conflit de loyauté est un sentiment partagé par beaucoup d’enfants en cas de séparation. Mais la manière dont cette notion est utilisée dans le système judiciaire est subtile et il faut faire bien attention de ne pas s’y méprendre.

Quand cette notion pose-t-elle problème ?

 

Le problème est quand ce conflit de loyauté est détourné contre la mère de façon perverse. La justice a trop vite tendance à dire que c’est par loyauté envers sa mère qu’un enfant accuse son père. De conflit de loyauté, nous passons donc à loyauté envers la mère. Ce qui signifie mensonges envers le père et, dans la foulée, le retour à la protection des pères vus finalement comme les victimes. Vous avez pigé le tour de passe-passe ?

Je vous l’accorde, j’ai volontairement grossi le trait. La réalité est parfois bien plus subtile. Mais mon intention est de vous faire comprendre les mécanismes pour ne plus tomber dedans.

Que faire face à tant d’injustice ?

 

La réponse à cette question nécessite à elle seule des kilomètres de pages. Mais voici quand même quelques conseils :

  •         Faites-vous coacher/accompagner par un professionnel qui connaît ces problématiques. C’est indispensable ! 
  •         N’essayez pas de démanteler le système, c’est peine perdue. Votre énergie doit être mise ailleurs ;
  •         Ne prononcez JAMAIS les mots manipulateurs, pervers narcissiques ou encore emprise face à un juge, un expert ou un intervenant des systèmes de protection de la jeunesse ;
  •         Si vous n’avez pas de preuves tangibles, ne tombez pas dans l’accusation. Ça va forcément se retourner contre vous !

 

Je voudrais finir en vous disant une chose importante : JE VOUS CROIS ! Je sais que vous vivez l’enfer. Le système est mal formé. Il manque de moyens. Il est plein de poussières et embourbé dans les schémas patriarcaux. Les choses changent trop lentement à mon goût, mais elles changent ! Et, croyez-moi, je vais continuer à y contribuer !

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