Comment aider quelqu’un sous emprise ? Les étapes clés et les mots à éviter…

Comment aider quelqu’un sous emprise ? Les étapes clés et les mots à éviter…

L’un de vos proches est victime d’emprise psychologique, de manipulation ou de violence (physique, verbale, sexuelle…) et vous désirez lui venir en aide ? C’est tout à votre honneur ! Mais il est essentiel de procéder en douceur, avec beaucoup de patience et étape par étape. En effet, les victimes manifestent souvent une certaine résistance face à quelqu’un qui tente de leur ouvrir les yeux. Je vous livre ici quelques clés qui vous permettront d’apporter un soutien et une aide active à quelqu’un sous emprise. En suivant ces conseils, j’espère de tout cœur que vous réussirez votre mission…

Faire prendre conscience de la situation à la victime d’emprise

 

C’est l’étape clé, la base de tout. C’est logique : tant qu’une personne n’a pas conscience d’être le souffre-douleur d’un manipulateur, elle ne fera rien pour sortir de cette conjoncture.

Pour faire prendre conscience de la situation à votre proche, il faut commencer par éviter la confrontation. Rien ne sert d’être direct en lui exposant votre constat de but en blanc. Allez-y plutôt avec parcimonie. Le but de cette première étape, c’est que cette personne se rende compte qu’elle n’est plus ce qu’elle était, qu’elle est déconnectée de ses besoins et de ses valeurs. Pour parvenir à éveiller la conscience de la victime petit à petit, posez-lui des questions « à effet miroir ». Voici quelques exemples :

  •         Quel genre de relation as-tu envie de vivre ?
  •         Quels sont tes besoins dans une relation ?
  •         Que me donnerais-tu comme conseils si je vivais ta situation ?
  •         De quoi as-tu besoin pour être heureux/heureuse ?
  •         Etc.

Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres et les réponses importent peu. Ce qui est essentiel, c’est d’éveiller l’esprit critique de la victime en posant des questions neutres qui n’attendent aucune réponse particulière. Le but est de ramener la personne à qui elle est et à ce qu’elle a envie de vivre comme relation. De cette manière, elle s’avouera peut-être vivre une relation qui ne lui convient pas.

La prise de conscience est la première étape (et la plus importante) mais le combat est encore loin d’être gagné.

Les étapes qui suivent la prise de conscience

 

Sortir d’une relation d’emprise demande énormément d’énergie et, justement, les victimes en manquent cruellement. De plus, les personnes qui tombent dans une telle relation ont souvent un profil de sauveur. Les sauveurs ressentent un besoin irréfrénable de venir en aide à leur bourreau en étant persuadé de pouvoir le changer. Face à une personne malsaine ou toxique, une victime aura plutôt tendance à vouloir la sauver que de l’abandonner. Elle n’admettra pas qu’une personne ne puisse pas changer.

Aider la vistime à vaincre ses doutes

Votre rôle et le rôle de l’entourage sera alors de rappeler continuellement les faits à votre proche victime d’emprise. Le doute va régulièrement combattre sa prise de conscience, il est alors important, dans ces moments, de ramener cette personne à la réalité.

Il faut savoir aussi, qu’à un moment donné, le manipulateur va se rendre compte de la prise de conscience de sa victime. Il va alors essayer d’inverser les rôles en la faisant passer, elle, pour folle. Vous devrez toujours rappeler à votre ami.e, père, mère, frère ou sœur que non, il ou elle n’est pas fou/folle. Rappelez-lui des faits et des moments douloureux pour garder sa conscience en éveil.

Avant que la victime ne prenne la décision de stopper la relation, il peut se passer encore beaucoup de temps…

La rassurer continuellement

Une fois que la décision de rompre a été prise, on passe à une autre étape, celle de « l’après ». Et là, chaque cas est différent. Chaque personne va réagir différemment mais, en général, les victimes tout juste sorties des griffes de leur manipulateur ont toutes un point commun : elles ont besoin d’énergie et de soutien pour tenir sur la longueur. Il faudra donc continuellement les rassurer, leur montrer qu’elles ne sont pas seules, leur dire et redire qu’elles ont pris la bonne décision, qu’elles ne sont pas folles (eh oui encore !), etc. Plus vous serez présents et vous les aiderez à résister, plus elles seront portées par votre énergie.

 

Aider votre proche à se reconstruire

Après tout ce chemin parcouru, viendra le temps de la reconstruction. Se faire aider par un.e professionnel.le a souvent un effet salutaire. Dans les relations toxiques autres que celles parent/enfant, il est important que la victime fasse un travail sur elle-même pour comprendre pourquoi elle attire les personnes manipulatrices. De cette façon, elle ne reproduira pas le même schéma.

Il est important également de guérir les blessures et de reconstruire ce qui a été profondément détruit chez la victime : l’estime de soi, le respect de soi, la confiance en soi et en les autres. Chaque individu ayant connu une situation d’emprise et de manipulation doit se reconnecter à ses valeurs fondamentales, à ses besoins et retrouver ses goûts personnels et ses envies.

Dans ces moments clés, il est important que l’entourage soit présent pour rappeler aux victimes à quel point la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Quand on est tombé très bas, on ne peut que se relever mais le chemin est bien souvent semé de doutes et d’embûches. Votre soutien durant cette période de reconstruction sera primordial.

 

Les mots qu’il vaut mieux éviter avec une personne victime d’emprise et de manipulation

 

Il y a certains mots et quelques phrases à éviter si vous voulez aider quelqu’un qui est sous emprise. La règle, c’est d’éviter les grands mots. Les mots qui font peur. Poser un diagnostic et énoncer des mots tels que « manipulateur », « emprise », « pervers narcissique », etc. dès le début n’est clairement pas une bonne idée. Rappelez-vous ce dont je vous parlais ci-dessus : vous risquez d’entrer en confrontation avec la personne que vous désirez aider. Plus tard, elle sera prête à les entendre mais pas tout de suite, allez-y en douceur.

Essayez, quand c’est possible, de dénoncer la violence en relatant les faits (d’autant plus si vous y assistez). Et placer toujours la victime au cœur de votre discours. Parlez d’elle, pas de « l’autre ». Par exemple : « Penses-tu qu’il a le droit de te faire ça ? », « Penses-tu que tu mérites ça ? », etc.

En conclusion, je dirais que si vous ressentez le besoin d’aider quelqu’un sous emprise, vous devez vous armer de patience. La reconnaissance viendra mais dans un premier temps, soyez bien conscient que cette personne pourrait vous en vouloir de s’immiscer ainsi dans sa relation. Les victimes sont fragiles. Préservez-vous pour ne pas vous essouffler en vous jetant corps et âme dans le sauvetage de la personne que vous aimez.

Retrouvez encore plus d’informations et de conseils dans mes livres consacrés à ce sujet :

  •         Sortir de l’emprise et se reconstruire 
  •         Stop aux relations toxiques

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